Zamanda geriye doðru yolculuk yapmanýn en kýsa yolu tarih okumaktýr

 

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NOTE D'INTRODUCTION

Le livre de Sabahattin Eyuboðlu intitulé Yunus Emre’ye Selâm (Salut à Yunus Emre) a paru pour la première fois en 1966 (Çan Yayýnlarý, Ýstanbul).

Peu après, j’ai entrepris de le traduire et son auteur a préparé lui-même le texte des poèms qui devainet figurer dans l’édition française. Le tout était publié à l’occasion du 650 ème anniversaire de la mort de Yunus Emre en 1971. Mais ve Project n’a pu étre réalisé et c’est seulement aujourd’hui, plus d’un an et demi après la mort de Sabahattin Eyuboðlu qu’il est donné à ce livre de paraitre. Dans l’intervalle de ces huit ans le livre en turc a fait deux éditions que poèmes de Yunus Emre (Cem yayýnlarý, Ýstanbul).

En hommage à Sabahattin Eyuboðlu et pour mieux illustrer le texte français qui, dans la dernière édition du livre, ne reproduit que son introduction, j’ai pensé ajouter à ma traduction une anthologie des poèmes de Yunus Emre traduits par l’auteur. On trouvera don cici le texte turc de certains poèmes avec, en regard, leur traduction intégrale ou partielle. Selon Sabahattin Eyuboðlu, Yunus Emre, tout grand poète qu’il soit, ne représente pas un seul homme, mais tout un choeur de poètes qui ont exprimé et expriment  depuis plus de six siècles le génie poétique du peuple turc. Fidèle à cette interprétation, j’ai recueilli les traductions faites par Sabahattin Eyuboðlu d’autres au dernier chapitre de cette petite anthologie.

Sabahattin Eyuboðlu, traducteur incomparable de Platon, de Rabelais, de Montaigne, de Shakespeare, de Molière, de Flaubert, de Prévert, d’Ömer Hayam et de bien d’autres grands poètes et prosateurs de tons les temps, ne considérait aucune traduction comme immuable et définitive. Selon lui, chaque écrivain, suivant son interprétation, peut contribuer à la continuité et au renouveau des oeuvres littéraires. Classique est ce qui porte en soi les germes de renouvreau. Hummaniste est celui qui ne cesse de metre en valeur les fruits de ce renouveau. Voilà la conception toute vivante de l’hummanisme qui était celle de Sabahattin Eyuboðlu et dont il trouvait un exemple frappant dans la littérature populaire turque. Je crois donc qu’il aurait été heureux de voir ce recueil de poèmes incomplet qui invite d’autres traducteurs et d’autres poètes à faire plus à faire mieux.

Après longue réflextion, j’ai décidé de garder les noms turcs dans leur transcription originale. Yunus Emre se lira en français Younnous Emré, le “u” se prononçant “ou”, le “e” muet, le “ö” = “dj”, le “ç” = “tch”, le “þ” = “ch”, etc. J’espère que le lecteur français ne s’en chopuera pas.

Azra Erhat   Mai 1974